La rhinopharyngite, ou rhume, est une infection virale bénigne de la muqueuse qui tapisse l’intérieur du nez (cavité nasale) et le pharynx (situé à l’arrière des fosses nasales). C’est la maladie infectieuse la plus fréquente chez l’enfant (essentiellement entre 5 mois et 8 ans), surtout en automne et en hiver. Chaque virus induit une immunité de courte durée qui ne protège pas contre les autres virus, ce qui permet les réinfections virales multiples et la succession des rhinopharyngites au cours d’un même hiver ( parfois même 10-12 par an).
La muqueuse du nez sécrète habituellement en petite quantité un liquide dont le rôle est d’humidifier en permanence l’air inspiré et de lutter contre les agents infectieux.
En cas de contamination par un virus, cette muqueuse gonfle, s’irrite et produit en grande quantité ses sécrétions, de sorte que le nez « est bouché » ou que le nez « coule ». La muqueuse pharyngée est également le siège d’une inflammation associant rougeur, œdème et douleur.
En effet, de nombreux virus différents sont capables de provoquer un rhume. Les principaux virus en cause sont le rhinovirus le plus souvent, le coronavirus, le virus respiratoire syncytial (également responsable de la plupart des bronchiolites, les influenza et para-influenzavirus.
Le virus de la rhinopharyngite se transmet :
- indirectement, par les objets souillés par la salive et manipulés par l’enfant : jouets, couverts, linge de toilette, etc.
- par contact direct, de personne à personne (par les postillons, le baiser, en parlant ou par les mains)
Plusieurs facteurs favorisent la survenue d’une rhinopharyngite chez un enfant
La survenue d’une rhinopharyngite est favorisée par :
- la vie en communauté (crèche par exemple) qui favorise la diffusion du virus lors des épidémies
- le tabagisme passif, la pollution et la sécheresse de l’air ambiant qui diminuent la mobilité des cils présents sur la muqueuse respiratoire (ces cils permettent d’évacuer les sécrétions des fosses nasales)
- un terrain allergique souvent familial
- un reflux gastro oesophagien qui crée une irritation du pharynx ;
- une carence en fer, fréquente chez le petit enfant pouvant être responsable d’une anémie;
- l’existence d’une maladie chronique (mucoviscidose, diabète déficit immunitaire par exemple) ;
- l’absence d’allaitement maternel : en effet, le lait maternel atténue l’immaturité immunitaire présente normalement chez le nouveau-né et le nourrisson.
Pourquoi votre enfant est-il toujours malade ?
Les bébés et les enfants sont souvent malades car leur système immunitaire n’est pas encore mature. Les infections de la vie courante sont le plus souvent bénignes et même bénéfiques : elles participent au développement du système immunitaire.
La vie en collectivité peut favoriser la transmission de virus et de bactéries : il est normal que les enfants placés en crèche soient malades plus souvent que ceux gardés à domicile.
Même si votre enfant présente des infections récidivantes ORL, la situation s’améliorera le plus souvent avec l’âge sans laisser de séquelles. Un enfant qui est souvent malade avant trois ans le sera de moins en moins par la suite, puis encore plus rarement après six ans.
Les symptômes de la rhinopharyngite du bébé et de l’enfant
Après une période d’incubation de 1 à 7 jours, la rhinopharyngite débute par une fièvre modérée (inférieure à 39 °C) associée à une obstruction du nez (le nez paraît « bouché ») puis à un écoulement nasal.
La fièvre ne dure pas plus de 3 jours et l’enfant reste tonique et actif.
Le nez coule pendant deux à dix jours. Les sécrétions du nez sont d’abord claires, transparentes puis deviennent épaisses, jaunes ou verdâtres.
À noter : la fièvre et le caractère purulent de l’écoulement du nez ne sont pas synonymes d’infection bactérienne.
Un mal de gorge est souvent présent et peut se traduire chez le petit enfant par des difficultés à manger.
Des éternuements sont fréquents.
Une toux peut également apparaître et durer jusqu’à 10 jours. Parfois, elle provoque des vomissements.
Rhinopharyngite du bébé de moins de trois mois à surveiller
La rhinopharyngite est plus grave chez les nourrissons de moins de 3 mois car les risques de détresse respiratoire et d’apnées sont augmentés à cet âge du fait d’une respiration exclusivement par le nez (le bébé ne sait pas respirer par la bouche jusqu’à 12 semaines). Une surveillance de la respiration de l’enfant en milieu hospitalier peut être nécessaire.
Par ailleurs, la rhinopharyngite peur se compliquer de conjonctivite purulente.
Comment évolue la rhinopharyngite chez le bébé et l’enfant ?
Les symptômes de la rhinopharyngite sont maximaux en 2 à 3 jours, puis diminuent. Maladie bénigne, la rhinopharyngite de l’enfant guérit spontanément en moins de dix jours.
Cependant, une rhinopharyngite peut précéder la survenue d’une autre maladie due au virus :
- une bronchioli
- une bronchite
- une laryngite
- une trachéite
Des complications, généralement bactériennes, peuvent survenir dans l’évolution d’une rhinopharyngite. Elles peuvent se traduire par :
- une otite moyenne aigue purulente ;
- une otite sero muqueuse en cas de rhinopharyngite récidivante ;
- une sinusite aigue
- une conjonctivite purulente.
La rhinopharyngite récidive fréquemment. Au delà de 6 épisodes par an, on parle de rhinopharyngite récidivante.
Elle peut devenir traînante sur des semaines et des mois. Ces enfants ont un « rhume perpétuel », un peu atténué pendant les mois d’été.
Il s’ensuit une augmentation de volume des végétations, une respiration par la bouche et la survenue possible de troubles du sommeil. Les végétations volumineuses s’infectent et cette infection chronique favorise les récidives de rhinopharyngite.
DESOBRUSTRUCTION RHINO PHARYNGEE
Le traitement principal constitue le nettoyage de nez. En effet jusqu’à ce que l’enfant soit suffisamment grand pour se moucher, ses parents sont obligés de nettoyer le nez afin de le vider dans ce contexte de nez plein.
Voici une video illustrant la technique:
https://www.google.com/search?client=safari&rls=en&q=DRP+CHU+bordeaux&ie=UTF-8&oe=UTF-8
