Les troubles neuro-développementaux

Ou les troubles du neurodéveloppement (TND) désignent les affections ayant pour point commun le « défaut de développement d’une ou plusieurs compétences cognitives attendues lors du développement psychomoteur et affectif de l’enfant, qui entraîne un retentissement important sur le fonctionnement adaptatif scolaire, familial et social ».

Sont inclus :

  • les troubles du spectre de l’autisme (TSA) ;
  • les troubles du développement intellectuel (TDI) ;
  • les troubles du langage oral (TLO ou dysphasie) ;
  • les troubles de développement de la coordination (TDC ou dyspraxie) ;
  • le trouble déficit d’attention avec hyperactivité (TDAH) ;
  • les troubles spécifiques des apprentissages scolaires (trouble du langage écrit et du calcul).

La fréquence réelle des TND est mal connue, notamment du fait du continuum entre une simple variante du développement et un réel trouble. « Tout enfant maladroit n’est pas dyspraxique, mais on estime que de 5 à 10 % des enfants ont un TND », a rapporté le Pr Vincent Des Portes, chef du service de neuropédiatrie au CHU de Lyon et coordinateur national de la Filière de santé DéfiScience « Maladies rares du neurodéveloppement ».

Les facteurs de risque 

Les grilles de repérage

Les praticiens peuvent s’appuyer sur les grilles de repérage développées dans le cadre de la stratégie nationale autisme/troubles du neurodéveloppement 2018/2022. Cet outil, proche de la réalité du terrain et facile d’utilisation, est décliné pour différents âges (6, 12, 18 mois, puis de 2 à 6 ans). Il permet de repérer rapidement des signes d’alerte, dont la présence peut alors conduire à adresser l’enfant à une plateforme de coordination et d’orientation (PCO).

Prise en charge pluridisciplinaire


Les Plateformes de coordination et d’orientation (PCO) ont été mises en place pour éviter les errances diagnostiques entre le moment où on repère un signe d’appel et le moment où un diagnostic est posé, grâce au relais pris par des équipes pluridisciplinaires :

  • centres d’action médico-sociale précoce (Camsp)
  • centres médico-psychologiques (CMP)
  • centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP)
  • services d’éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad) etc. ou des réseaux libéraux qui se mettent progressivement en place. 
     
     
    Des conventionnements avec des libéraux ont été signés, d’autres sont en cours. Les interventions pluridisciplinaires doivent être précoces, s’appuyer sur les compétences de l’enfant, en partenariat avec les parents, qui regagnent ainsi confiance dans leurs propres compétences. Elles doivent également s’inscrire dans la durée, sans rupture, et être réévaluées régulièrement.
     
    « Pour tout enfant, l’enjeu est qu’il progresse, et le souhait légitime des parents est qu’il guérisse, a souligné le Pr Des Portes. Mais une majorité d’entre eux vont devoir vivre avec leur trouble, s’adapter, s’ajuster, et ils vont devoir être accompagnés sur le long terme. Il est donc important de bien expliquer aux parents que les interventions sont là pour accompagner l’enfant à développer ses compétences – et cela porte ses fruits – mais ne pas faire miroiter « une normalisation », qui est rarement observée. En effet, devant un enfant qui progresse, mais ne récupère pas totalement, le risque serait pour les parents de se culpabiliser de n’avoir pas repéré assez tôt ou de mettre en cause les professionnels, laissant la porte ouverte à toutes les prises en charge non conventionnelles, souvent exclusives et très coûteuses, sans preuve scientifique rationnelle. »